Dabbawala

Dabbawala

Pour cette dernière journée complète à Mumbai pour la mère de Carole, nous irons retrouver mes parents à 10H30 à la gare de Churchgate. Le premier objectif de la journée est de découvrir la « cérémonie » des Dabbawala : une leçon d’organisation à ciel ouvert. A Mumbai, un système de livraison de repas permet à 200 000 travailleurs de manger de bons petits plats (probablement préparés par madame le matin). Un système minutieux qui implique de récupérer l’ensemble des paniers repas pour ensuite les transporter (à pied, en vélo…) jusqu’aux papilles finales. En quelques points névralgiques de la ville, tout ce joyeux petit monde s’organise : tous les porteurs se regroupent apportant des repas récupérés un peu partout et apportés par le train. Ils font ensuite de nombreux tas de paniers repas en fonction de la destination de ceux-ci et récupèrent ceux allant dans une même zone géographique pour les y livrer.

Pièce de théâtre en plein air durant le Dabbawala

Pièce de théâtre en plein air durant le Dabbawala

La théorie veut que des chercheurs d’universités prestigieuses (le MIT notamment) aient étudié le fonctionnement d’un système permettant d’alimenter autant de personnes alors qu’aucune organisation ne semble en place. Dans les faits, quelques centaines de paniers ont défilé devant nous : pas vraiment à la hauteur de nos attentes…

On filera par la suite au palais de justice de la ville (high court) : il est possible d’entrer à l’intérieur (sans appareil photo mais avec téléphone même si dans les faits, il n’est pas très difficile de contourner les contrôles de sécurité). Nous avons pu assister à quelques bouts de procès, pas transcendant comme expérience. En étant dans le coin, c’est tout de même sympa de voir l’influence britanique sur l’architecture de ce bâtiment.

C’est après un déjeuner tranquille que nous formerons deux groupes : Carole et sa mère retournent à l’hôtel pour reprendre des forces (et ne pas trop s’éloigner des toilettes) pendant que nous partirons explorer le reste de la ville avec mes parents.

La première étape de l’après-midi se fera dans le quartier des laveurs : Dhobi Ghat. Assez impressionant vu de dessus, celà devient plus intéressant lorsque l’on s’y promène.

Dhobi Ghat

Dhobi Ghat

Une fois passé les éventuels faux-vendeurs de tickets d’entrée, on découvre des bassins à n’en plus finir où trempent des jeans, des chemises, des draps, etc. Plus loin, des hommes et des femmes frottent du linge, l’essorent, l’étendent. C’est tout un quartier qui est au service de différents établissements hôteliers et de restauration (notamment) : rendre du linge propre et sec, c’est toute une philosophie de vie.

Après avoir caressé un ou deux chèvres et repris quelques forces avec un jus de canne à sucre (15 INR le très grand verre incluant une leçon d’hindi pour apprendre à compter jusqu’à 100), nous filerons vers le temple Mahalakshmi Mandir.

Sans y pénétrer, c’était sans intérêt : on voit assez peu le temple depuis l’extérieur et l’animation promise par les guides touristiques n’était pas au rendez-vous.

Banganga Tank

Banganga Tank

La suite se déroulera quelques kilomètres plus loin, autour de Banganga Tank. Un réservoir d’eau au centre d’un bidon ville. Dit comme ça, ça ne fait pas se lever les foules mais ce sera pour ma part la perle cachée de Mumbai. Entrer dans un bidon ville peut vite devenir une situation inconfortable aussi bien pour le touriste que pour ses habitants : chacun s’observant… aucun n’ayant envie ou n’osant aller vers l’autre… Un sentiment qui vient du clash des niveaux de vie mais aussi de la manière dont on accède à ce lieu. Aujourd’hui, il est possible de faire des excursions, dans un « bidon ville Disneyland » où les cars de touristes défilent appareil photo et téléphone à la main : drôle de monde dans lequel nous vivons.

Ici, rien de tout ça. On se trouve dans un quartier à taille humaine. La misère y est présente mais c’est à trois que nous nous y rendons sans prétention. Nous découvrons une étendue d’eau (sale comme souvent en Inde) qui sert de point de repère et autour quelques batisses, peut-être une centaine de vélos et… surprise des baignoires à l’air libre. C’est une version mignature du quartier des laveurs qui se retrouve ici. Tout y est : lavoirs (baignoires), essoreuses, zone de séchage mais en plus rustique qu’au quartier des laveurs. Les gens ici échangent des salutations avec nous, voir nous demande d’où nous venons avant de reprendre le cours de le vie. Les quelques sourires échangés permettent de se sentir à l’aise même en sachant le niveau de vie qui nous sépare. Nous tentrons d’aller dans les alentours avant d’être happés par ce qui ne sont plus des ruelles mais des espaces réduits entre chaque habitation, juste la largeur d’un homme. Un homme nous invite à le suivre pour aller plus loin et rejoindre la mer, on passera par ce qui semble plus être les couloirs des habitations (mais ouverts à tous) qu’un accès à l’océan. Le temps de prendre quelques photos de la mer et de papoter avec l’homme qui nous a conduit puis nous repartirons vers le centre de Mumbai.

Vue sur la mer depuis le bidon ville autour de Banganga Tank

Vue sur la mer depuis le bidon ville autour de Banganga Tank

Vélos du bidon ville autour de Banganga Tank

Vélos du bidon ville autour de Banganga Tank

Laveurs du bidon ville autour de Banganga Tank

Laveurs du bidon ville autour de Banganga Tank

Dernière étape de l’après-midi : trouver un masque en guise de souvenir pour mes parents. Pour celà, direction le bazar. Ce fut globalement un échec, nous reprenons non sans mal un taxi pour revenir à l’hôtel (le chauffeur aura une tête déconfite pendant la moitié du trajet après avoir pris une amende de 100 INR pour avoir grillé un feu).

Le dernier dîner de la mère de Carole se fera dans un restaurant chinois délicieux (et plutôt classe à la vue des standards indiens). Les quantités y sont astronomiques et les plats changent un peu des : « allu gobi », « malak paneer », etc. bref un moment  plaisant et une gastronomie rassurante pour les intestins récemment malmenés…

Mumbai

Strand Hotel (cadeau des parents)

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