Cazuela de Vacuno

Cazuela de Vacuno

Après une nuit au chaud (ça fait vraiment plaisir d’avoir récupéré quelques degrés en remontant au nord), nous nous offrons un café et des muffins avant de reprendre notre route jusqu’à Valparaiso. Vers 10h, nous nous mettons au bout de la station-service et à peine quelques minutes plus tard, nous sommes pris en stop par une voiture allant à Temuco. Nous hésitons un peu car la distance et courte mais montons finalement quand même, commettant notre première grosse erreur de stratégie en stop. Nous faisons avec eux 27 km, ce qui nous avance mais… ils nous sortent de la route 5 pour nous laisser à la sortie de Temuco, dans une station-service où personne ne s’arrête et le long d’une longue rue où les voiture conduisent à plus de 50km/h sans ralentir.

A partir de ce moment, la journée qui devait facile se transforme en plusieurs heures de galère… Première station-service, personne ne passe. Nous allons plus loin. Seconde station-service, plus de personnes s’arrêtent mais tout le monde semble faire demi-tour pour re-rentrer dans la ville. Nous avançons un peu. Nous nous posons le long de la route mais les voitures conduisent trop vite et personne ne s’arrête. Nous avançons. Nous nous retrouvons avec l’université de Temuco à droite, la route à gauche, et plus de trottoir. Ça ne sent pas bon… La route 5 que nous voulons retrouver est encore à 7 km de là où nous sommes et nous ne nous voyons pas marcher le long de la route pendant une heure et demi…

Nous nous mettons à l’arrêt de bus de l’université, cherchant un bus pour nous rapprocher de la route. Après s’être fait recalés du premier bus nous disant ne pas aller à la route 5, nous montons dans le suivant (même numéro bien sûr) qui en fait, vu sa direction (Cajon), devrait nous laisser à 2km de la route, ce qui nous avance pas mal. Dans le bus, un passager nous conseille de descendre un peu avant et d’avancer sur la route pour faire du stop. Super. Nous avançons sur la route, faisant environ 1km avec des voitures passant à 100km/h à côté de nous, sans trop savoir où aller.

Nous nous posons à côté d’un arrêt de bus à l’une des sorties de Cajon (une route en terre sûrement jamais empruntée), tendant le pouce sans trop savoir si nous allons nous en sortir. Au bout d’un petit moment, une voiture s’arrête, nous disant aller quelques kilomètres plus loin. Nous lui demandons s’il peut nous laisser dans une station-service sur la route, il nous dit que oui, nous allons enfin pouvoir nous sortir de cette galère ! 16km plus tard, notre conducteur s’arrête sur le bas-côté, nous indiquant une station-service… de l’autre côté de la route ! Sérieusement ??? Dans quelle logique une station-service où passent uniquement des voitures allant dans l’autre sens que nous pourrait nous intéresser ? Pourquoi ne pas nous avoir laissé dans la station-service de notre côté de la route, juste quelques kilomètres plus tôt ?

Saltos del Laja

Saltos del Laja

Bref, nous ne sommes pas encore sortis de notre galère… Nous avançons un peu pour nous mettre juste avant l’entrée sur la route 5 de voitures venant de Lautaro, la ville à côté de laquelle nous sommes. Au bout d’une demi-heure environ, nous constatons que 99% des voitures vont vers le Sud et non vers le Nord où nous allons. Nous nous dirigeons donc vers la route, nous mettant à un autre arrêt de bus. Puis nous regardons les nombreux véhicules passer en nous regardant à une vitesse où le temps qu’ils puissent penser à s’arrêter, ils sont déjà à 2km de nous… Au bout d’un moment, on ne sait par quel miracle, nous nous retournons et voyons une camionnette en marche arrière sur la bande d’arrêt d’urgence. Alejandro, notre sauveur ! Il se rend à Chillan, ville située à 240 km de là où nous sommes. Bingo ! Nous allons enfin décoller  ! S’ensuivra une de nos meilleures expériences de stop depuis le début du voyage : Alejandro, 37 ans, regorge d’énergie. Le genre de personne hyper active, hyper positive, avec qui tu te sens bien. Après quelques kilomètres, nous nous arrêterons manger une excellente Cazuela de Vacuno, plat typique chilien (sorte de pot au feu à base de viande de bœuf), notre premier restaurant chilien. Il nous fera écouter à fond l’hymne chilien, connu selon lui pour être le deuxième plus bel hymne du monde après notre Marseillaise (nous ne savions pas que la Marseillaise était connue pour être le plus bel hymne au monde…), nous ferons un saut aux Saltos del Laja, il partagera avec nous sa philosophie de la vie « soit toujours positif, et éloigne toi des gens négatifs, ils risquent de se répercuter sur toi » ainsi que sa croyance en Dieu. Ces trois jours de stop seront l’occasion de constater à quel points les Chiliens sont croyants. Avec Alejandro dans un premier temps, mais aussi avec les autres, tous ayant des icônes, chapelets ou autres signes chrétiens à l’avant de leur véhicule. Nous serons presque tristes de le quitter après quelques heures passées avec lui. On s’est vraiment bien marrés (notamment avec ses « Cazuela des Vacunoooooo » à chaque fois que nous voyions un troupeau de vaches après le déjeuner). Il restera sûrement un de nos meilleurs souvenirs de ce pays .

Et il nous laissera, après avoir avancé de 241km, dans une station Copec (le Total de chez nous) du bon côté de la route pour que nous puissions continuer notre chemin vers Santiago.

Il est 17h30, nous sommes juste avant Chillan. Nous attendons à nouveau peu de temps avant qu’un autre gros camion (transporteur de bière) nous prenne en stop. Nous lui disons aller à Santiago. Il tente de nous expliquer où lui va mais c’est le Chilien le plus difficile à comprendre que nous rencontrons depuis le début de notre séjour que nous avons là (et les chiliens sont de base difficiles à comprendre ;)). Nous pensons avoir compris qu’il nous fera avancer de 100 km environ. Nous montons. S’ensuivront des heures difficiles à tenter de communiquer avec lui. Vraiment, c’était dur. Et gênant… Au bout de la cinquantième tentative pour comprendre où nous allons et ce qu’il essaie de nous expliquer sur le fait d’aller à Santiago aujourd’hui nous comprenons que :

  • Il va nous laisser dans une station Copec où nous pourrons planter la tente vers San Fernando, à 125 km de Santiago (elle était donc là l’histoire des 100 km !!!).
  • Aller à Santiago ce soir est dangereux, surtout pour des étrangers : il fait nuit, il est tard, nous pouvons tomber sur des personnes mal intentionnées (effectivement, on n’avait pas vraiment envie d’être lâchés au milieu de Santiago sans savoir où aller en plein milieu de la nuit).
  • C’est la semaine de Pâque (Semana Santa), de nombreuses personnes auront un week-end prolongé à partir du lendemain après-midi, et les prix des bus de Santiago à Valparaiso seront plus élevés que d’habitude. Nous ferions mieux soit d’y aller en stop, soit d’aller prendre un bus à San Antonio. Nous notons l’information pour le lendemain.

Vers 21h30, rincés de notre journée, nous sommes déposés à la station Copec après San Fernando, ayant à nouveau avancé de 283 km, nous amenant au total à 575km parcourus dans la journée (plus que ne le laissait présager notre mauvais départ ;)). Nous sommes à environ 125 km de Santiago et à 230 km de Valparaiso, notre destination finale.
Nous faisons le tour de la station afin de nous assurer de pouvoir planter la tente ailleurs que dans le carré de pelouse au milieu de la station. Chose faite, nous nous offrons un burger dans le restaurant de la station avant de ressortir pour planter la tente et dormir. A la sortie du restaurant, un conducteur de camion nous demande où l’on va (sans que nous ayons levé le pouce car ce n’était pas notre intention). « Santiago, mais demain ». « Ok, car j’aurais pu vous emmener ». Trop sympa ! Mais pour nous ça suffit pour aujourd’hui. Nous plantons difficilement la tente sur un terrain caillouteux (ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas été aussi mal plantée) avant de passer une bonne nuit bien méritée.

Route 5, Freire, Temuco, Cajon, Lautaro, Chillan, San Fernando

En tente, dans un champs à côté de la Station Copec à la sortie de San Fernando

Café ou Thé dans une station-service (Pronto) : environ 1400 CLP (environ 2€)
Boite de 6 muffins dans une station-service (Pronto) : environ 4500 CLP (environ 6,50€)
Menu burger – frites – boisson dans une station-service (Pronto) : environ 4500 CLP (environ 6,50€)
Plat principal dans un restaurant de bord de route le midi : environ 3800 CLP (environ 5,50€)

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