La steppe mongole

La steppe mongole

Aujourd’hui, nous passons notre première journée complète dans une ferme des steppes mongoles. Voici le déroulement de la journée :

Un peu avant 7h, nous nous réveillon (le jour s’est levé). Nous déjeunons : le fameux thé au lait (salé !) mongole avec des espèces de bouts de pain sucrés (surement faits maison, comme la plupart de ce que nous mangerons pendant ces 4 jours), les deux étant très bon !

Petit déjeuner du jour

Petit déjeuner du jour

Pour rappel, nous avons mis les veaux dans un petit enclos hier soir. Citadins naïfs et ignorants, nous nous étions dits que c’était pour éviter que leurs mères partent trop loin dans la montagne et garder le troupeau ensemble proche des yourtes. Il y a une part de vérité, mais c’était surtout pour les sortir de l’enclos un par un le lendemain, affamés, pour les laisser aller vers leur mère et entamer la traite.
A 7h30, donc, c’est la traite des vaches. Nous ne trayons pas nous-même les vaches mais aidons aux tâches annexes : attacher les veaux autour de l’enclos pendant que Mamie, Tatie et Maman traient leurs mères, les détacher, aller chercher les vaches éparpillées dans la vallée, et heu… c’est à peu près tout mais c’est déjà beaucoup pour nous ! Certains veaux sont assez costauds et ont des cornes en plus ! Nous avons pas mal galéré à juste attacher ces pauvres veaux qui ne demandaient qu’à téter maman… Et nous pensons sérieusement que les veaux le sentaient et se jouaient de nous ! Nous avons été plus d’une fois ridicule avec les veaux qui nous tournaient autour pour éviter la corde, alors qu’on voyait Mamie faire ça avec tellement de facilité ! Déconcertant… 😉
La traite des vaches

La traite des vaches

A 9h30, la traite est finie, on nettoie l’enclos des veaux (= on retire à la pelle les bouses laissées pendant la nuit). Pour ça aussi, il nous manque quelques muscles dans les bras !
Vers 10h, nous allons chercher de l’eau à la rivière, à quelques dizaines de mètres derrière la yourte.
Vers 10h30, nous faisons une pause « 10h » : nous goutons une espèce de fine génoise dégoulinant de crème. Ce n’est pas mauvais mais tout de même un peu écœurant tellement c’est crémeux. Nous découvrirons plus tard que la génoise est en fait aussi faite à partir du lait : lait bouilli qu’on a fait mousser en le cuisant en le versant sur lui-même un peu comme on verse le thé marocain et qu’on a laissé reposer pendant plusieurs heures (peut-être jours) sur un côté de la yourte.
L'encas (un peu trop) crémeux

L’encas (un peu trop) crémeux

Le lait moussé

Le lait moussé

Vers 11h, nous quittons la yourte de Mamie pour aller dans la yourte de Tatie, qui s’apparente assez à un atelier de travail du lait.
L'atelier, dans la yourte de Tatie

L’atelier, dans la yourte de Tatie

Nous aidons à la confection des Aaruul, les bonbons de laits séchés mongoles, servant notamment à être offerts aux invités dans les yourtes. A la fin des quatre jours, la recette n’aura (presque) plus de secrets pour nous ! :

  • D’abord on fait bouillir le lait dans une espèce de grande popote à tout faire (comme un très grand wok sans manche). Globalement, ça commence et finit toujours par du lait qui bout. Pendant trèèès longtemps.
  • Quand le lait a bouilli depuis suffisamment longtemps (très longtemps, genre 1h, on n’a pas bien compris ce qui faisait qu’on était ok…), on le verse dans un grand torchon que l’on secoue à deux en faisant des vagues pour séparer les morceaux du reste, qui est resté liquide. Les morceaux mous) restent dans le torchon qui est ensuite fermé pour former une sorte de boule et essoré jusqu’à ce qu’il ne reste presque plus de liquide à l’intérieur. Ce qui reste forme une espèce de pâte friable.
  • Ensuite, on prend cette pâte friable que l’on cuit à nouveau, en la tournant sans cesse avec un gros pilon (la longueur d’un bras) pendant peut-être une heure. Pendant cette heure, elle change souvent de consistance (devient plus ou moins dure), on ajoute de temps en temps un peu du petit lait qu’on a laissé de côté plus fluidifier la pâte, et on touille, on touille, on touille… Sérieusement, on aura été très mauvais à ça également. Alors que Tatie et Maman pouvaient touiller pendant plusieurs minutes d’affilées, nous ne tenons qu’un temps inférieur à une minute, ridiculement court, avant d’avoir mal aux bras et d’être essoufflés. Nous sommes bien ridicules ;).
  • Une fois la pâte ayant suffisamment cuit (là non plus, nous ne saurons pas trop ce qui détermine que c’est bon ou non), on rajoute trois bols de sucre et on arrête la cuisson.
  • La pâte est ensuite répartie sur des petits bacs rectangulaires, aplatie pour être bien lisse, et repose pendant une journée.
  • Le lendemain, on sort les plaques de bonbons, on les coupe pour faire un cinq ou six blocs de bonbons par plaque et on les laisse à nouveau reposer. Ils seront ensuite vendus (on ne sait ni à qui ni comment).
  • Une fois les bonbons finis, le lait résiduel est à nouveau mis à bouillir. Pendant plusieurs heures (peut-être deux, peut-être un peu plus). Tout le lait bouilli est ensuite récupéré et versé dans un grand torchon plus épais que le précédent qui restera à filtrer jusqu’au lendemain. Du résidu de ce filtrage seront fait d’autres Aaruul, non sucrés cette fois, moins épais, qui seront mis à sécher en les pendant à du fil dans la yourte.
Les Aaruul, mis à sécher dans la yourte

Les Aaruul, mis à sécher dans la yourte

Vers 11h30, voyant que le touillage des Aaruul est trop difficile pour nous, on nous met à touiller de la crème (plus liquide). Nous touillerons pendant des heures, jusqu’à 16h30, en nous relayant, parfois laissés seuls dans la yourte, sans avoir déjeuner le midi. Ce fût un grand moment de détresse. Sérieusement, nous sommes là à touiller de la crème, sans savoir si nous faisons ça correctement, sans savoir quel est l’objectif, sans savoir quand nous allons nous arrêter, etc. Nous savons que la veille, nous sommes allés chercher les vaches vers 18h, nous comptons les heures, nous nous demandons si un jour nous allons manger, nous nous disons que quatre jours, ça va être très très longs si nous touillons de la crème pendant 5h tous les après-midis… Qui plus est la crème a une odeur un peu acide et au bout de 4 heures, ça commence à nous donner quelques nausées. Bref, ce ne fût pas le meilleur moment de notre séjour.

La crème... rien qu'à voir la photo j'en ai à nouveau des nausées...

La crème… rien qu’à voir la photo j’en ai à nouveau des nausées…

Vers 16h30, enfin, on vient nous chercher ! Nous allons scier et hacher du bois pour les poêles. Enfin, uniquement hacher ce jour-là. Et nous seront à nouveau extrêmement mauvais. Nous prenons la hache et y mettons toutes nos forces et… rien. Au bout d’à peine cinq minutes, Tatie vient nous relayer et nous met une vraie claque. A une main, tenant les buches de l’autre, elle hache les 6 buches en à peine cinq minutes…

Vers 17h30, nous dinons (enfin !!!!). Soupe de nouilles aux carottes, chou et mouton.

Diner

Diner

Vers 18h, nous allons chercher les vaches, notre activité préférée, il fait beau et la steppe est magnifique au coucher du soleil, cette balade du soir nous aura beaucoup plu, mettons les veaux dans un enclos et les chèvres (une centaine également) dans l’autre.
La steppe mongole, au coucher du soleil
Vers 20h, nous sommes dans la yourte de Mamie Rose. Il fait nuit, il fait froid.

A 21h, nous nous couchons.

Cette première journée à la ferme fût une très belle journée. Nous aurons appris beaucoup de chose et pris une belle leçon d’humilité devant ces trois femmes impressionnantes de forces et débordantes de bonne humeur et d’énergie !

Burdnii ann

Yourte, chez la grand-mère de Rose

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