La Piedra (et son escalier)

La Piedra (et son escalier)

Nous partons de bonne heure de l’auberge pour Guatape, village situé au bord d’un lac situé à deux heures de bus de Medellín. Nous avalons trois bons petits pancakes dans un petit restaurant à côté de l’auberge et c’est parti pour une petite demi journée de transport : un petit métro pour aller au terminal de bus et un petit bus pour arriver à Guatape, puis vingt petites minutes de marche en découvrant le village pour nous rendre à l’auberge que nous avons repérée (qui devait être là plus loin du centre…). Vers 13h, nous sommes à destination. Nous nous posons quelques minutes, puis direction L’ATTRACTION du coin, le Mirador de La Piedra, point de vue situé en haut d’un énorme caillou, étrange formation géologique.
Nous avalons un petit sandwich, puis notre première arepa au fromage (spécialité colombienne : galette de maïs, fourrée ou non), dont le test est plutôt concluant.

Puis direction La Piedra, à une heure de marche du centre de Guatape. Nous avions déjà vu la bête en arrivant, dans le bus, et nous la découvrons de l’autre côté. Elle paraît vraiment haute et sortie de nulle part. Ses grands escaliers la défigurent un peu, paraissant comme une longue fermeture éclair montant le long de la pierre. Nous arrivons (en vie, malgré les endroits où il n’y a pas vraiment de place pour les piétons le long de la route) au pied de la pierre. Nous nous acquittons des 18 000 pesos de frais d’entrée et montons les 700 marches qui nous séparent du Mirador. Au final, nous mettrons dix minutes seulement pour arriver au sommet, pas de quoi en faire une montagne (bah justement, c’en est pas une, c’est un caillou !). Nous avons d’en haut une très jolie vue sur le lac, ses nombreuses petites îles (dont nous environs certains propriétaires), les vertes collines environnantes, les mannequins prenant 2 772 photos Facebook, les perches à selfies, les boutiques de glaces, de bières et de magnets (et de chorizo en polystyrène…)… Le panneau en bas indiquait « le plus beau belvédère du monde », il ne faut peut-être pas exagérer non plus.

Vue depuis la Piedra

Vue depuis La Piedra

Vue depuis La Piedra

Vue depuis La Piedra

Vue de La Piedra

Vue de La Piedra

Nous faisons ensuite le chemin en sens inverse, un conducteur de tuk-tuk voulant nous prendre à l’aller nous avait dit que le chemin était mieux en sens retour. Étrangement, c’est la même chose ;). Le temps de faire quelques courses au village et retour à l’auberge pour dîner et discuter avec notre coloc Belge, lui aussi en année sabbatique finissant incessamment sous peu…

Maisons de Guatape et leur bas reliefs personalisés

Maisons de Guatape et leur bas reliefs personnalisés

Maison de Guatape et leur bas reliefs personnalisés

Maison de Guatape et leur bas reliefs personnalisés

El Pato de La Piedra

El Pato de La Piedra

Guatape

Hostel Casa de Mamá, 20 000 COP (environ 5,80 €) la nuit en dortoir de 8, endroit très sympa et très calme, un peu éloigné du centre de Guatapé mais se faisant facilement à pied (en 10 / 15 minutes), propre, eau chaude, Wi-Fi fonctionnant extrèmement bien (il n’y a qu’une chambre et peu de personnes sur la connexion), cuisine à disposition ainsi que deux hamacs, Gloria, la propriétaire, est très gentille.

Des bus pour Guatape partent toutes les 10 minutes du terminal de bus Nord de Medellín (arrêt de métro Caribe). Au moins trois compagnies partent pour Guatape, avec chacune des bus toutes les 20 minutes. Nous avons fait le tour des compagnies, et l’une d’entre elles nous a fourni un ticket qui nous a valu une réduction de 1 500 COP par billet (12 000 au-lieu de 13 500 COP)
La Piedra este accessible à pied depuis Guatape en environ une heure de marche pour arriver au point de vente des tickets (18 000 COM, environ 5,20 €). En semaine, il n’y avait pas trop de monde au belvédère.
Guatape est assez petit. Une journée depuis Medellín suffit à se promener dans le village et aller à La Piedra. Après, s’y poser une nuit est sympa aussi (nous étions un peu excentrés, au calme, et en avons bien profité). Il y a aussi pas mal d’activités à faire autour (Rafting, ski nautique, randonnées…) mais nous n’avons pas testé.

Bus Medellín – Guatape : 12 000 COP (environ 3,50 €)
Une nuit en auberge (dortoir) : 20 000 COP (environ 5,80 €)
Entrée Mirador La Piedra : 18 000 COP (environ 5,20 €)
Sandwich jambon fromage : 3 500 COP (environ 1 €)
Arepa au fromage : 2 500 COP (environ 0,72 €)

Comuna 13

Comuna 13

Comuna 13

Comuna 13

Comuna 13

Comuna 13

Nous entamons cette deuxième journée à Medellín par la visite de la Comuna 13, un des quartiers historiquement les plus dangereux de Medellín, dont une partie peut aujourd’hui être visitée, à la fois pour ses maisons colorées en haut d’une colline et surtout pour son street art. C’est simple, on monte le long d’escalators à ciel ouvert et on admire les très jolies peintures murales présentes à chaque coin d’escalier. En haut des escalators, un mirador permet à la fois d’admirer la vue sur Medellín et sur le quartier lui-même. Le street art en plus du quartier en pente n’est pas sans rappeler un peu Valparaiso, le port en moins. On voit tout de même que le quartier ne respire pas la richesse et on ose imaginer que, sortis des bords des escalators au côté un peu bobo, la réalité de la pauvreté reprend vite le pas : des petites maisons en brique délabrées entassées les unes sur les autres séparées par des escaliers très étroits… La colline a néanmoins un charme certain et c’est pour nous un immanquable à Medellín. Nous reprenons ensuite le métro en sens inverse, et, inclus dans le prix du billet, nous offrons un aller-retour en Metrocable. Medellín possède en effet des remontées mécaniques, ayant notamment permis de désenclaver certains quartiers pauvres perchés sur les collines de la ville. Le trajet n’est pas indispensable mais offre, depuis la cabine, un autre point de vue sur la ville. Il permet de se rendre compte de l’étendue de Medellín et d’à quel point certains quartiers peuvent être isolés du fait du relief de la ville.

Comuna 13

Comuna 13

Comuna 13

Comuna 13

Comuna 13

Comuna 13

Plus tard, nous sortons du métro et rejoignons la même foule colombienne quittée la veille, dans le centre de Medellín. Ca faisait longtemps que nous n’avions pas vu une ville grouillant autant. Nous achetons un gros aguacate (avocat) à 1 000 pesos (0,30 €, ils ne coûtent rien, sont hyper bons et ne noircissent pas en les laissant ouverts…), deux petits pains, puis une bouteille de soda dans la même épicerie que la veille, ce qui nous vaudra d’avoir une réduction sur la bouteille (ça doit être la première fois de notre voyage qu’on nous vend un produit explicitement marqué 2500 pesos à 2000 pesos…).

Puis nous pique-niquons et réussissons à entrer dans le musée que nous n’avions pas pu faire la veille, celui-ci étant fermé : la Casa de la Memoria. Nous passerons plus de deux heures dans une salle de moins de 100 m2 à revivre l’histoire des guérillas colombiennes depuis les années quarante, année après année, et via des œuvres et photos montrant toute la violence vécue par ce pays durant/depuis des décennies : des attentats récurrents, des enlèvements, séquestrations et meurtres, des assassinats, ciblés notamment sur la presse, les défenseurs des droits de l’homme, les forces de l’ordre, les civiles… ; l’apparition de groupes civiles armés, les trafics de drogue, la corruption associée… Dans ce contexte, Medellín était jusqu’aux années 90 une des villes les plus dangereuses au monde (avec un des taux d’homicide les plus importants au monde), et a réussi à bien rebondir après la mort de Pablo Escobar en 1992. C’est incroyable de se dire qu’une ville où « l’on ne mettait pas les pieds » il y a une vingtaines d’année est devenue la ville préférée des Colombiens. Nous sommes sortis un peu retournés de ce musée… Puis direction le centre-ville à la recherche d’un bureau de poste. Nous avons en effet les cartes postales de deux pays à poster, attendant depuis plusieurs semaines dans notre sac-à-dos. Nous nous rendons dans un Servientrega, compagnie privée d’envoi de courrier, qui nous dira (et ça encore, c’est incroyable), qu’il est moins cher d’aller au service de poste national : le « 472 ». Sérieusement, ils n’ont pas trouvé plus auto-porteur comme nom ? Direction donc un bureau du 472, à dos cuadras (deux pâtés de maison). Nous passerons bien trente minutes à essayer de faire rentrer les timbres dans nos cartes postales minuscules. Puis retour à l’auberge pour une soirée tranquille avant de mettre le cap sur Guatape, village au bord d’un lac à 45 kilomètres (deux heures…) de Medellín.

Medellin

Casa Paraiso Hostal, 40 000 COP (environ 11,50€) la nuit en chambre double avec salle de bain partagée, endroit vraiment sympa, très propre, salle de bain de très bonne qualité (eau chaude, bon débit, température stable), réseau Wi-Fi très instable et de qualité moyenne, grande cuisine

La poste nationale colombienne s’appelle « 472 ». Il y a plusieurs bureaux partout dans Medellin. Les envois de cartes postales pour l’Europe coûtent 3 000 COP (environ 0,90 €). Il faut deux timbres, laissez donc assez de place pour les coller (nous avons un rien galéré ;))
Pour visiter la Comuna 13, prendre le métro jusqu’à San Javier, puis, en face de la station de métro (sur le trottoir d’en face), prendre un bus jusqu’à Escaleras Electricas (1 050 COP le trajet). De là, monter jusqu’aux escalators. Il existe également des visites guidées. 
Le ticket de métro coûte 2 300 COP (environ 0,70 €) quelque-soit le trajet, et est valable pour toutes les correspondances, Metrocable y compris.

Jus de fruit avec de l’eau : 2 000 COP (environ 0,60 €), avec du lait : 2 500 COP (environ 0,75€)
Un trajet en métro : 2 300 COP (environ 0,70 €)
Un gros avocat dans la rue : 1 000 COP (environ 0,30 €)
Un timbre pour l’Europe au 472 (Poste nationale) : 3 000 (environ 0,90€)

Iguane au jardin botanique de Medellin

Iguane au jardin botanique de Medellin

En route pour le marché Minorista, un énorme bâtiment sur deux niveaux où se mêlent fruits, légumes, viandes, poissons, etc.
On y trouve aussi une petite boulangerie où nous prendrons un petit croissant pas si mauvais ! On complètera le petit déjeuner avec un super jus de fruit. C’est quand même fou ces pays où il est possible de prendre un jus de fruits frais (mangue, fruit de la passion, papaye, goyave, etc.) pour moins d’un euro : ça va être difficile de revenir en France et de se passer de ça.
En plus des superbes étals de fruits et légumes, nous découvrons l’intégralité de l’anatomie du porc : oreilles, yeux, groin, colonne vertébrale, pieds, etc.

Botero

Botero

Après avoir révisé nos cours de biologie, nous filons au jardin botanique. Ce qui nous permettra de passer au volet chimie : des gens qui se piquent dans la rue sur notre chemin et le passage dans une rue où on nous demandera explicitement ce que l’on cherche et où nous répondrons innocemment que nous marchons juste. Un peu plus loin dans cette ruelle, on se verra proposer de quoi passer quelques soirées sympa et qui n’aurait pas déplu aux finances de monsieur Escobar.
Nous arriverons finalement au jardin botanico sans s’inquiéter d’être contrôlé positif (Tour de France oblige). Un parc très vert, avec beaucoup de fleurs et quelques animaux. On se retrouvera notamment nez à nez avec Ariane, l’iguane ! Un animal étonnant qui, comme certaines personnes de mon entourage, se meut peu mais se gave beaucoup ;- ))*

Un pigeon au super marché de Medellin

Un pigeon au super marché de Medellin

Troisième visite de la journée, la maison de la mémoire : un musée sur l’histoire de la Colombie et de Medellin. Pour y aller, nous nous retrouverons dans ce que nous appellerons la caille DVD cerdo (avis aux hispanophones). Puis un peu trop rapidement, nous nous apercevrons que ce musée est ouvert six jours sur sept… manque de pot, c’est le jour de la fermeture et nous serons nez à nez avec une porte close.

Nous nous rabattons sur la visite du point de vue de Nutibara. Une grosse colline qui offre une vue à quasi 360° sur la ville de Medellin. Pour la petite histoire, quand on n’est pas du coin, demander son chemin aux locaux est souvent une bonne idée. Tout du moins, jusqu’à ce que deux endroits radicalement opposés de la ville portent le même nom. C’est un peu comme si à Paris quelqu’un demandait “Comme faire pour aller à Charles de Gaulle ?” en voulant aller à l’aéroport et qu’on lui indique le parcours à suivre pour se rendre à Charles de Gaulle – Étoile. Voilà la situation dans laquelle nous nous sommes retrouvés pour aller à cette colline. Mais heureusement à Charles de Gaulle – Étoile, il y a le RER qui avec un petit changement permet de rejoindre l’aéroport…
Une fois en haut, malheureusement, la vue n’est pas si incroyable. La faute en revient principalement à cette ville quasiment intégralement construite de briquettes et sans autre couleur que ce rouge soviétique.

*Dit le mec qui peut passer la journée au lit à manger des cacahuètes 😉

Medellin

Casa Paraiso Hostal, 40 000 COP (environ 11,50€) la nuit en chambre double avec salle de bain partagée, endroit vraiment sympa, très propre, salle de bain de très bonne qualité (eau chaude, bon débit, température stable), réseau Wi-Fi très instable et de qualité moyenne, grande cuisine

La Casa de la memoria est fermée le lundi
Il est nécessaire d’avoir une carte de transport de la ville pour prendre certains bus, notamment le L2.
Les bus de ville dans Bogota coûtent environ 2 000 COP (0,55€).
Le prix et les principaux arrêts des bus de ville sont notés sur le pare-brise avant du bus.

Ticket de métro (peu importe la distance) : 2 300 COP (0,65€)

Salento

Salento

Nous sommes partis pour une belle journée de transport comme on les aime : départ 10h de Salento pour 7h de bus avant d’arriver à Medellín, notre prochaine destination. Medellín est la seconde ville la plus peuplée de Colombie (plus de deux millions d’habitants) et semble être la ville préférée des Colombiens : cela fait plusieurs fois que l’on nous cite Medellín comme lieu ou ville préféré de Colombie. Nous décidons donc d’aller y jeter un coup d’œil.

Nos coloc français ayant fait le trajet dans l’autre sens la veille nous mettent en garde : c’est de la route de montagne et les Colombiens peuvent conduire comme des fous, ils ont passé 7h à prier pour être en vie à la fin du trajet tellement leur chauffeur doublait les camions de manière risquée. Moi qui flippe en voiture et qui suis en plus malade, ça promet… Pour mettre toutes les chances de mon côté, nous avons réservé les places à côté du chauffeur. Normalement, ça secoue moins.

Vers 10h, nous levons l’ancre, avec à côté de nous le chauffeur le plus gentil de la planète, et en plus prudent sur la route ! Nous avons gagné au loto ;). Nous passerons une partie du trajet à discuter avec lui de la Colombie, de sa musique, ses joueurs de foot (pour cette partie j’ai laissé faire le fan de foot), etc. Entre ça et Fast and Furious 7, pour une fois en VO sous-titrée espagnol, le trajet passera plutôt vite. Grâce aux dizaines de films mal doublés que nous avons vu les mois précédents, Fast and Furious 7 nous a presque paru être un bon film ! Je me suis demandée si les chauffeurs ne passent pas Fast and Furious pour permettre aux passagers de relativiser la dangerosité de leur conduite ;).

Vers 17h, nous arrivons à Medellín, prenons un bus pour notre auberge. Nous sommes à côté d’un stade/complexe sportif, que nous aurons l’occasion de visiter, le bus ne s’étant pas vraiment arrêté à l’endroit anticipé. Nous arrivons, nous posons une petite heure, puis irons déguster une très bonne pizza, accompagnée d’une très bonne bière et d’un premier match de championnat colombien pas à la hauteur de cet excellent repas (oui, après 4 mois de pollo (poulet) dans tous les plats, une pizza hawaïenne devient un plat de haute gastronomie).

Salento, Medellín

Casa Paraiso Hostal, 40 000 COP (environ 11,50€) la nuit en chambre double avec salle de bain partagée, endroit vraiment sympa, bonne douche d’eau chaude, WiFi pouvant être très bon mais un peu capricieux, grande cuisine

Le minibus entre Salento et Medellín met entre 6h et 7h. Le trajet se fait sur une route de montagne, les chauffeurs pouvant se prendre pour des pilotes de rallye (ce qui n’était pas notre cas, heureusement !)
A la sortie du terminal de bus Sud de Medellín (qui est également l’aéroport), de nombreux bus partent pour le centre-ville
L’eau à Medellín est potable (on en a bu, et on est toujours en vie !)

Une nuit en chambre double avec salle de bain partagée à Medellín : 40 000 COP (environ 11,50€)
Une grande pizza (pour deux) dans un restaurant d’un bon quartier de Medellín : 40 000 COP (environ 11,50€)
Une bonne bière dans un restaurant d’un bon quartier de Medellín : 7 000 COP (environ 2€)
Bus de ville Medellín : environ 2 000 (environ 0,60€)