Nous démarrons la journée par un petit déjeuner monumental : des beignets maison (pour une fois pas trop huilés et pas mauvais), des confitures maisons, du miel (local, nous croisons des ruches et des vendeurs de miel artisanal tous les jours le long de la route), des litres de jus de fruit, un saladier de pommes et d’oranges et le traditionnel fromage de chèvre. Petit déjeuner qui, une fois avoir mangé plus qu’à notre faim, verra les restes finir en doggy bag pour le déjeuner. Nous repartons avec la moitié des beignets restants (nous avons insisté pour ne pas tout prendre), le fromage de chèvre, et le saladier entier de fruits dans un sac plastique ! Autant vous dire que nous n’allons pas manquer de vitamine C pendant notre séjour… 😉

Puis nous décidons de monter en voiture voir le vieux village de Qeparo. Par une route étroite, très pentue par moment, et rendue interminable par le fait de ne pas trop savoir à quoi nous attendre en terme de qualité de la route et de croisement d’autres véhicules. Nous arriverons là haut sains et saufs. Et soulagés ! Et finalement quand même contents de n’avoir pas gravi tout ça à pied parce que ça grimpait quand même sévèrement (même si la vue sur le village à la montée et la vue sur la mer à la descente sont très très jolies et auraient été appréciables à pied). Nous ne regretterons pas du tout d’être montés, car ce village perché au milieu de la montagne avec vue sur la mer est très très charmant avec ses rues pavées en pente (de vrais pavés d’antant, ici pas de pavés neufs et réguliers, bien au contraire), ses maisons en pierre (dont 70% sont soit à l’abandon, soit complètement en ruines), ses tours en tuiles, son petit clocher, ses culs de sac (un vrai labyrinthe !), ses mamies venues s’installer à l’entrée du village pour tricoter et bavarder sûrement toute la journée (quatre assises sur un banc et une cinquième cachée derrière un arbre dans son jardin à les écouter, scène très rigolote !). Bien sûr le village avait également son traditionnel chantier et ouvriers en train de retaper une vieille maison. Même si on doute un peu du nombre de touristes venant actuellement visiter ce vieux village à moitié en ruines, on ne doute pas trop de son potentiel touristique et il devrait ressembler au mont Saint Michel d’ici quelques années… La redescente se fera avec moins d’émotions, une très belle vue sur la mer, et ce matin là un très joli fond lumineux.

En haut du village de Qeparo

En haut du village de Qeparo

Qeparo

Qeparo

Ruine de Qeparo

Ruine de Qeparo

Maintenant, demi tour… La morsure superficielle de ma jambe par le chien de l’avant veille nous laissant quand même quelques doutes, nous avons décidé de nous rendre aux urgences d’un hôpital histoire de voir ce qu’en dit un médecin. Initialement, nous pensions aller à l’hôpital de Saranda en continuant notre route vers le Sud, mais nous décidons finalement de remonter vers Vlora, nous disant que les infrastructures médicales doivent y être plus importantes, la ville étant 10 fois plus grande (200 000 habitants vs 20 000 selon wikipédia). Nous voilà donc repartis sur la même route que les jours précédents en sens inverse. Heureusement, cette route qui longe la mer est aussi belle dans ce sens qu’elle ne l’était dans l’autre et nous pourrons encore profiter du paysage (différents car le ciel étant plus voilé, l’eau a changé de couleur et est beaucoup plus sombre). Nous aurons encore droit à plusieurs reprise au spectacle des parasols et paillasses se faisant retirer des plages, la saison étant terminée.
Au bout de 2h30, nous arrivons à l’hôpital. Nous y entrons et ne savons pas trop quand nous en ressortirons. Nous demandons à l’accueil où aller, et on nous redirige vers les personnes qui nous avaient indiqué l’accueil 30 secondes plus tôt (et qui nous regardent se demandant ce qu’on peut bien faire ici). On nous fait entrer dans une salle où le docteur me demandera immédiatement de montrer ma blessure de guerre alors que la demi douzaine d’internes nous ayant indiqué le chemin est là à regarder attendant de voir l’état de la plaie. J’avoue avoir eu un peu honte de montrer mon écorchure et mes quatre micro-bleus à une assistance de dix personnes s’attendant à une blessure super inquiétante… Une désinfection et un peu de mercurochrome plus tard, j’explique que la plaie date d’il y a deux jours et que je suis surtout là par crainte de maladie, et notamment de la rage. On me répondra tout d’abord que je vais bien et que je ne dois pas m’inquiéter. Ok, mais la rage ? Une des filles présentes m’expliquera qu’il n’y a pas de risques car les chiens sont vaccinés. Ok… Nous sommes partis au bout de 10 minutes, pas forcément beaucoup plus rassurés qu’avant d’être entrés ^^. Et tout cela en en laissant uniquement mon nom, prénom, âge et pays APRÈS avoir été soigné : la gratuité des services médicaux publics est l’un des rares bons restes de l’époque communiste.
Maintenant, que faire ? Globalement, la morsure est ultra superficielle, le chien traînait sur une plage où des gens passent tous les jours (s’il avait la rage, il aurait attaqué d’autres gens aussi et les locaux ne le laisseraient pas traîner à côté de leurs enfants), les médecins locaux n’avaient pas l’air inquiets du tout… Nous essayons une dernière chose : appeler un médecin local. Nous trouvons une liste sur le site de l’OMS. Nous essayons deux généralistes sans succès, puis nous tombons sur un spécialiste des maladies infectieuses dans la liste. Bingo ! Le docteur nous dit que les dernier cas de rage humaine datent d’il y a 20 ans, que à part dans des endroits paumés dans la montagne, il n’y a vraiment aucun risque. Il nous dit, comme à l’hôpital, de vérifier ma vaccination au tétanos et de soigner la plaie, et puis voilà. Ok. Continuons les vacances alors ! (Pour me rassurer, j’irai quand même à l’institut Pasteur à mon retour de congés…).

Et on reprend la route, mais pas la même ! Direction Gjirokaster, une ville dans les terres / montagnes albanaises. Après avoir voulu emprunter un pont qui n’avait pas été emprunté depuis sûrement 30 ans à cause de « maps.me », nous aurons droit à une route de très bonne qualité, suivant le lit d’une rivière complètement asséchée et traversant de beaux paysages montagneux jusqu’à notre destination. Nous nous arrêterons pour manger notre doggy bag du matin (^^) dans un village quasiment désert avant de reprendre la route. Arrivés à Gjirokaster, nous rentrons dans Google Maps l’adresse de notre guesthouse et nous laisserons guider tranquillement jusqu’à nous retrouver complètement coincés avec la voiture dans des rues pavées étroites et extrêmement pentues, à nous demander ce que nous foutons là. Nous nous étions entraînés ce matin mais là c’est un autre niveau ! Nous tournons en rond dans la vieille ville et ses rues qui n’arrêtent pas de monter avec notre voiture de location qui a à peu près la patate d’un escargot en plein soleil… Heureusement qu’elle a au moins un petit gabarit… Après un quart d’heure de galère (et une grosse journée de route pour Alexis), nous trouvons enfin la guesthouse, nous garons pas trop loin (pierres sous les roues tournées vers les maisons, frein à main sur-tiré et laissé sur vitesse) juste au démarrage de la pluie et pouvons enfin souffler !
Le chat de la photo de la guesthouse s’étant transformé en cinq chats joueurs et pas trop timides, Alexis pourra recharger ses batteries :).

Qeparo, Vlora, Gjirokastër

Erindi Guesthouse, 18€ la nuit en chambre double avec salle de bain extérieure mais privée et petit déjeuner inclus. Peut-être la meilleure guesthouse depuis notre arrivée : encore un super jardin/potager, l’accueil par un papi super sympa (et qui parle un peu anglais pour une fois), une petite dizaine de chats trop mignons à l’extérieur de la guesthouse, un très bon petit déjeuner (salé) à base d’oeufs et de byrek (sorte de beignet local) au fromage et aux épinards, une jolie vue sur la ville et les montagnes environnantes…

Une consultation standard aux urgences est complètement gratuite (on ne m’a même pas demandé mon passeport). Qui plus est, c’est allé très très vite.
Attention avant de s’aventurer dans Gjirokaster en voiture : plus on monte, plus on se retrouve dans un labyrinthe de rues pavées étroites et très pentues : si vous n’êtes pas sereins avec les démarrages en côte et la largeur de votre voiture, il est plus sage de garer sa voiture dans la ville moderne en bas et de monter à pied !
Idem pour monter dans le vieux Qeparo : il faut pas mal grimper sur une route étroite, non entièrement goudronnée et parfois bien pentue : privilégier ses pieds en cas de doute.

Parking de l’hôpital : 100 lek (0,80€)
Café dans un café : 50 lek (0,40€)
Litre d’essence (Benzin / Sans Plomb) : 179 lek / L (1,45€ / L)

Direction Gjipe, une plage située au bout d’un canyon et accessible soit en 4×4, soit à pied avec 25 minutes de marche sur une route défoncée longeant la mer. Cette plage est décrite par certains blogueurs comme la plus jolie du pays. Nous voulions initialement y camper mais vues les prévisions météo nous choisissons de juste aller nous y balader une matinée. Cette plage autrefois méconnue et havre de paix, puis devenue une véritable attraction touristique en été, avait un sérieux atmosphère de lendemain de soirée en cette fin de saison touristique. N’étaient présents que les restes de restaurants de la plage, quelques transats, quelques paillasses (en train d’être démontées par les derniers tenants du dernier bar encore ouvert), ainsi que quelques tentes et 4×4 des derniers touristes de fin de saison qui comme nous profitaient de cette très jolie plage quasiment déserte. Et elle est en effet vraiment chouette, en particulier car elle est isolée, située dans une crique au bout d’un canyon, car il est possible de randonner un petit peu aux alentours en prenant rapidement pas mal de hauteur et avoir un beau point de vue sur la baie. Ce côté fin de saison nous aura rendu la visite un peu triste et nous aurons eu du mal à complètement apprécier la beauté de ce paysage pourtant paradisiaque.

Chateau de Porto Palermo

Chateau de Porto Palermo

Chateau de Porto Palermo

Chateau de Porto Palermo

Chateau de Porto Palermo

Chateau de Porto Palermo

Après une pause déjeuner à Himara et sa jolie petite plage, nous avons ensuite continué vers le Sud en direction de Porto Palermo, une petite baie avec au centre une petite péninsule où réside un ancien château très bien conservé. La visite est vraiment sympa, le château étant très joli et avec de beaux points de vue sur la mer. Et comme d’habitude, nous sommes presque tout seuls (arrivés environ 2 minutes avant le départ du gardien faisant payer l’entrée – après s’est déjà fait avoir le matin avec le parking de Gjipe où personne n’était là à l’arrivée mais où nous avons dû payer en partant ^^). Et cette solitude ne gâche rien au plaisir de la visite ! Nous dormirons à Qeparo, dans une Guesthouse le long de la route, un peu au dessus de la plage, où nous serons accueillis par la deuxième mamie la plus gentille du monde dans une maison avec un magnifique jardin rempli de fleurs (magnifiques roses) et arbres fruitiers (orangers, vignes, tomates…). On m’avait promis la meilleure moussaka du pays à 20 mètres de la Guesthouse pour le dîner, mais le hors saison ayant aussi ses mauvais côtés, nous avons dû nous rabattre sur le plus mauvais risotto du monde à 20 minutes à pied (dans le noir), dans un restaurant de bord de mer qui aura eu tout de même la gentillesse d’ouvrir pour nous (sinon nous aurions dû nous contenter de notre demi paquet de Tuc et du saladier d’oranges offert par la mamie de l’auberge). Nous ne l’avons vu que de nuit, mais le bord de mer avec sa longue promenade complètement aménagée de Qeparo Plage avait l’air vraiment sympa.

Porto Palermo

Porto Palermo

Grenades dans le grenadier

Grenades dans le grenadier

Gjipe, Porto Palermo, Qeparo

La Casa Di Nonna, 25€ la nuit l’appartement (sans véritable cuisinière) en rez de chaussée d’une maison. Très propre, assez simple a l’intérieur mais jardin/potager vraiment charmant, et accueil très chaleureux.

A savoir avant de prendre le volant :
> Le taux d’alcool au volant autorisé est de 0.
> Il faut rouler avec les feux de croisement.
Avoir une carte sim locale vaut vraiment le coup hors saison, pour prévenir les guesthouse que vous arrivez, trouver votre chemin jusqu’à la guesthouse, ou tchater en anglais avec les enfants, neveux ou petits enfants des mamies qui tiennent les guesthouse.
Réviser ses bases d’italien peut être utile avant de venir en Albanie. Si dans les grandes villes, les employés des restaurants ou guide parlent plutôt anglais, dans les plus petites villes, les gérants des guesthouse parlent plutôt parfois un tout petit peu d’italien.

Parking de Gjipe : 200 lek (1,60€)
Visite du château de Porto Palermo : 100 lek (0,80€)
Plat de pâtes à la tomate à Himara : 300 lek (2,40€)

Départ de Vlora, sans prendre le temps de visiter. L’aperçu que nous aura laissé notre sortie la veille au soir ne nous aura pas convaincus de rester visiter. Nous longeons la côte jusqu’au parc national de Llogara. Défilent les plages d’eau turquoise, sur fond de montagne et… de construction aux goûts architecturaux douteux. Globalement, la côte est super belle mais pas mal gâchée par les bâtiments construits quasiment à même le sable (restaurants, hôtels…), et les déchets plastiques omniprésents sur les plages… Pour une fois, nous espérons que le tourisme aura un effet positif sur ces deux aspects dans les années à venir.
Nous nous arrêtons en haut du col de Llogara pour aller apercevoir le Cesari Pass (pas immanquable, et la vue était pas mal voilée quand nous y étions, mais le détour n’est pas très long) avant de redescendre par une superbe route avec vue plongeante sur la mer Ionienne.

Ceasari Pass

Ceasari Pass

Un des nombreux bâtiments en travaux...

Un des nombreux bâtiments en travaux…

Nous faisons plusieurs arrêts pour admirer la vue, puis arrivons à Dhermi, village très prisé par les touristes l’été. Nous ressentons vraiment que nous sommes hors saison : seul un des dizaines de restaurants qui longent la plage est ouvert, les resorts longeant la plage sont également tous fermés, et plus ou moins tous en travaux avant l’hiver pour la préparation de la prochaine saison. Nous sommes samedi et la plage est quasiment déserte, quelques touristes perdus comme nous et quelques chiens errants (dont un excité venu me mordre !). A l’image du reste de la côte que nous avons déjà vue, la plage n’est pas d’une propreté sans nom. Nous regarderons le coucher de soleil quasiment seuls sur le sable avant de remonter la route pour rejoindre notre guesthouse (des pierres à la main au cas où un autre chien excité ne décide de venir jouer avec ma jambe).

Plage de Dhermi

Plage de Dhermi

Coucher du soleil sur la plage de Dhermi

Coucher du soleil sur la plage de Dhermi

Dhermi

Dhori House Dhermi, 21€ (2625 lek) la chambre double avec salle de bain et balcon avec vue sur la mer. Très bon accueil, très bon endroit. Un peu loin de la plage à pieds (et par la route).

Le col de Llogara offre de jolis points de vue sur la mer Ionienne. Ça vaut le coup de le passer dans son propre véhicule pour pouvoir s’arrêter et admirer le panorama.
Aller au Cesari pass à pied depuis la route est assez rapide, sympa mais pas extraordinaire (les points de vue depuis la route en regardant du me côté son au moins aussi jolis).

Thé en haut du col de Llogara : 80 lek (0,65€).
Bouteille d’eau dans un supermarché : 60 lek à Vlora, 70 lek à Himara (entre 0,50 et 0,60€).